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1972 : un humoriste et une loi contre le racisme

« Le Douanier », un sketche entre rire et message

À l’occasion du centenaire de la naissance de Fernand Raynaud, la rubrique « L’INA éclaire l’actu » fait un retour sur cette figure incontournable de l’humour français, dont les sketches, à la fois populaires et engagés, continuent de résonner.

Parmi eux, «Le Douanier» reste un texte singulier, empreint d’une dimension antiraciste.

Fernand Raynaud dans « le douanier »

https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/fernand-raynaud-huoriste-sketch-francais-moyen-douanier-anti-raciste

Derrière l’humoriste et ses caricatures de Français moyen, se cache un homme de convictions, qui n’hésita pas à utiliser l’humour comme une arme contre le racisme. Parmi ses sketches les plus marquants : J’suis pas un imbécile moi, j’suis douanier, (Le Douanier) occupe une place particulière. Cette œuvre met en scène le monologue absurde et répétitif d’un douanier qui pointe les préjugés et les suspicions envers l’autre, notamment l’étranger. « J’aime pas les étrangers parce que moi, je suis français, et je suis fier d’être français ». (extrait texte INA)

La loi du 1er juillet 1972, véritable première loi anti-raciste.

Cette loi est adoptée à la suite de la ratification par la France de la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale. Elle est la première loi spécifiquement destinée à combattre le racisme sous ses différentes formes.

Elle introduit d’autres notions, avec notamment le délit de « provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence à l’égard d’une personne ou d’un groupe de personnes en raison de leur origine ou de leur appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée ». Cette même loi de 1972 punit également la discrimination exercée par un agent public. (wikipedia)

UNE LOI ADOPTEE DANS UN CONTEXTE DE MONTEE DES VIOLENCES RACISTES

Dès les années 1970, lors des débats qui entourent le vote de la loi de 1972 dite loi Pleven, les violences visant les migrants maghrébins ne sont pas considérées comme des crimes racistes, ce qui en ferait des violences spécifiques nécessitant l’adoption d’un droit spécial. Or, en étant placée sous le sceau du droit commun, la mise en procès des crimes racistes a été empêchée et leur existence elle-même a durablement été invisibilisée.

Car avant cette loi, la législation française sur le racisme reposait uniquement sur la loi sur la presse du 29 juillet 1881 et sur le décret-loi Marchandeau de 1939 qui sanctionnent les délits de diffamations et d’injures raciales.